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EDITO :

C'est souvent autour d'un petit café que fleurissent les idées sur les évolutions de notre environnement marketing, social, ou médiatique. Retours de week-end ou de séminaire ?

Lendemain de veille, ou veille de jour "J", la machine à café d'Openfield en entend tellement, qu'elle n'a pas pu résister à l'envie de publier un petit florilège...

Un peu de philo

De l'agriculture à l'UNESCO … et au Vatican !



A l'occasion d'une allocution devant l'assemblée générale de l'UNESCO (Organisme des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture), le philosophe Fabrice Hadjadj se livre à une amusante analyse étymologique du mot "culture", qui va nous conduire bien plus loin qu'on ne s'imagine…

En résumé :
De l'agri-culture à la culture, tout court, le chemin est en droite ligne, comme une évidence : on cultive son champ, on cultive son jardin, pourquoi ne pas cultiver son savoir et son intelligence. Le parallèle coule de source entre le travail manuel (puis mécanique) de l'homme pour faire produire la nature, et le travail intellectuel d'engranger le savoir pour faire fructifier son intelligence.

Mais l'étymologie nous conduit encore plus loin, puisque du verbe d'origine latine "colere" (cultiver, soigner, honorer) découle également "cultus" qui se rapportait aux temps antiques au culte des ancêtres… et des dieux. Et finalement est-ce si surprenant ?

Hadjadj, inspiré par son identité au carrefour des religions du livre, n'hésite pas à avancer que la vie du paysan, par son contact avec une nature féconde, par son rapport avec le temps, et finalement par cette forme d'acceptation d'une dépendance à une force supérieure (en l'occurrence la loi de la nature et du climat) modèle son esprit dans un sens qui le rend particulièrement réceptif à la mystique ainsi qu'à la pratique religieuse, en tout cas bien davantage que les autres métiers.

Parallèle à la révolution agricole des 30 glorieuses, le développement de la JAC (aujourd'hui MRJC) semblerait confirmer cette analyse, au moins pour ce qui a été observé jusqu'à la fin du 20ème siècle. Mais quid du "Paysan 2.0" d'aujourd'hui, mécanisé et connecté ?
Il y a fort à parier qu'il ne s'affranchira pas tout de suite cette spécificité, la preuve en est de cette fascination qu'exerce sur lui la belle mécanique et les gros tracteurs. Notons simplement que les salons et expositions qui y sont consacrées (le mot est de circonstance) prennent un air de "grand-messe". CQFD.



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